Le Crédit Foncier de France est aujourd’hui pris dans la tourmente pour avoir écoulé il y a deux-trois ans à environ 150000 clients des crédits à taux variables « présumés capés et qui ne le sont pas en réalité » selon Isabelle Faujour, directrice adjointe du service juridique de l’UFC-Que Choisir, laquelle a porté plainte auprès du TGI de Paris.
L’association de défense des consommateurs, qui relaie en l’occurrence la démarche du Collectif « Les clients trompés par le Crédit Foncier », fustige non pas le principe des taux variables mais leur mode de commercialisation. « Il y a eu clairement des abus dans l’argumentaire de vente. […] D’ailleurs, preuve de la mauvaise foi du Crédit Foncier, les salariés en interne parlait des gens du Collectif en les appelant les “faux-capés” ! »
Le fond du problème tient en une phrase: d’après l’explication fournie par le Crédit foncier, les clients ont cru signer pour un emprunt à taux variable avec un taux qui ne pouvait en aucun cas dépasser les 4.9%, or il a dépassé les 6% pour beaucoup, ce qui dans la pratique se traduit par des augmentations d’échéances de plus de 20%.
Sur le fond du dossier, Christophe Crémer, le patron de Meilleurtaux.com déclare: «Quoi qu’il en soit, sa proposition de taux variable pseudo-capés est imbittable, en tout cas illisible pour un particulier. Ça leur causera un tort énorme ».
Les taux dits “variables” des prêts en question sont révisés chaque année à partir de l’évolution du taux interbancaire Euribor. Or celui-ci est passé, entre décembre 2004 et décembre 2007, de 2,17 % à 4,83 %, avant de retomber légèrement, en ce début d’année 2008, à 4,44 %.
Pour remedier à la crise, le Crédit foncier a décidé de plafonner les taux de ses “faux-capés” à un taux entre 5.75% et 6.25% selon les cas, ce qui devrait lui couter environ 35 millions d’euros. Cependant le collectif d’usagers a décider de maintenir sa plainte car cet effort est insuffisant selon eux et très loin du taux maximum “garanti” à l’origine.
Sources: L’Express,